Je travaille dans une équipe où plusieurs personnes sont françaises (certaines en gestion, d’autres non), et je me demande si d’autres Québécois ont déjà vécu un choc culturel similaire au travail.
Ce qui me frappe le plus, c’est le rapport à la hiérarchie et la façon de communiquer. J’ai l’impression que la structure est beaucoup plus verticale qu’au Québec. J’entends régulièrement des formulations comme « j’exige que tu fasses ça », « je te donne la permission de… », ou des phrases qui impliquent qu’une personne doit obtenir une autorisation personnelle pour agir. Même pour des tâches dans le cadre normal de son rôle.
Au Québec, je suis habituée à un style plus collaboratif : on clarifie les responsabilités, on donne des orientations, mais on se parle entre adultes autonomes. Ici, j’ai parfois l’impression que la relation devient plus une relation de contrôle/commandement que de collaboration, même si c’est dit avec politesse et un ton calme.
Un autre aspect qui me déstabilise : la communication peut être très directe, voire brusque par moments, avec des sous-entendus ou des remarques qui me semblent passives-agressives. En même temps, il y a beaucoup de courtoisie en surface, ce qui rend le malaise plus difficile à nommer ou à « call out ». C’est souvent emballé dans un emballage très professionnel, mais le fond peut sembler condescendant ou contrôlant.
J’ai aussi remarqué une dynamique où il semble y avoir beaucoup de non-dits et de discussions en coulisses. Par exemple, un collègue m’a déjà fait un commentaire « drôle » sur une conversation que j’avais eue avec une autre personne… alors qu’il n’était pas présent. Ça m’a fait me poser des questions sur ce qu’ils disent sur moi quand je ne suis ps là.
Je tiens à préciser que je ne dis pas que tous les Français sont comme ça. J’ai rencontré des collègues français très gentils, ouverts et authentiques. Je me demande simplement si ce que je ressens est une différence culturelle classique entre la France et le Québec (surtout au niveau de la hiérarchie, de la communication directe et des relations de travail), ou si c’est davantage lié à la culture spécifique de cette entreprise.
Est-ce que d’autres personnes qui ont travaillé avec des équipes ou gestionnaires français ont vécu des choses similaires ? Comment avez-vous géré ça